13.12.2009
La Superette
Des bandes blanches ont été peintes sur les murs de la grande salle pour permettre aux DVs (Disc Vidéo) de projeter leurs images filantes. Aussi massif que les années précédentes, le public a pris du poil ou du talon, c’est selon. On assiste à de vraies performances en direct, de quoi fermer le clapet à ceux qui considèrent les DJs comme de simples lecteurs CDs. Les amplis crachent du son, le monde danse…quand soudain ! , mon cerveau se libère de l’emprise des basses et de l’alcool, il se remet en marche alors même que mes pieds restent collés au sol, des questions m’assaillent, je veux savoir ! Oui ! , pourquoi ce nom, depuis quand, pourquoi ces visages…
Droits réservés
Pour combler ce néant cognitif, je vous invite à vous asseoir tranquillement, oui voilà, comme ça. Tu veux un café ? Continues de lire, assistes à l’interview. Nous sommes le mercredi 25 novembre vers 11h à l’Interlope, en compagnie de Jean-Marie Lehmann, l’organisateur en chef et coordinnateur de La Superette.
CR : La Superette, c’est quoi ?
JML : C’est un weekend de musique électronique.
Depuis quand existe-t-elle ?
2004. Elle aura sa cinquième édition cette année.
Quel est son concept ?
A la création de La Superette, le concept de base était de regrouper les divers collectifs, associations, acteurs culturels de la région neuchâteloise (Supermafia, Kougloff, Urban Sound…). Plutôt que tout le monde fasse son événement dans son coin de temps en temps, le concept est de tous se rassembler et de faire un événement en commun.
Pourquoi ce nom ?
La définition de base de la superette : c’est une épicerie de détail de 100 à 150 m2 qui regroupe un peu tous les aliments, tous les objets de la vie courante. Cette appelation est liée au concept : on voulait faire une soirée de musique électronique et de musique actuelle. C’est vraiment une sélection de tout ce qui se fait dans la musique électronique actuelle. On voulait aussi que l’événement soit ouvert à toutes et à tous.
A ce sujet, quel public ciblez-vous ?
La tranche d’âge, c’est 18-30 ans. Là on a un changement par rapport aux années passées où on était ouvert à un public très jeune. Cette année on n’aimerait pas avoir les 16-18 ans.
Mais peuvent-ils quand même venir ?
Non ce n’est pas autorisé. Ils ont le droit de venir à la Case à chocs dans les soirées habituelles, mais pour La Superette on met l’âge à 18. Ça c’est un choix d’exclusion qu’on a fait depuis cette année. C’est une volonté liée aux remarques qu’on a souvent de notre public spécialisé en musique électronique. C’est clair qu’il y a un public jeune qui est massif, mais c’est un public qui consomme la musique un peu différemment. On voulait un public qui profite plus de l’événement en tant que tel, plutôt que juste venir faire la Fête des Vendanges à la Case à chocs.
Ciblez-vous les étudiants de l’Université de Neuchâtel en particulier?
Ils sont de facto dans les 18-30. A part peut être quelques uns de première année, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de mineurs. Donc évidemment on cible aussi les étudiants. Mais on n’a pas beaucoup d’actions spéciales pour les étudiants. C’est plus pour la ville en général. Mais on les convie à venir ! Et puis on essaie aussi de cibler les Suisses-allemands.
De Zürich et sa région ?
Non, plutôt Bienne et Berne. On n’a pas encore une renomée assez grande, on le voit dans les statistiques de prélocation. Certes, il y a des Zürichois qui viennent, mais on est vraiment un événement des trois lacs.
Et pour les spécialistes de la musique électro ?
On a des gens qui viennent de France, d’Allemagne. On a pas mal de gens qui nous écrivent des mails par rapport aux hotêls, qui demandent où l’on peut dormir pas cher à Neuchâtel. Donc par rapport à la programmation pointue, on a des gens qui viennent de très loin.
Combien les trois jours de La Superette font-ils d’entrées ?
A peu près 2500. Après, il y a toujours une différence avec les entrées payantes et les entrées pas payantes.
Avez-vous augmenté les tarifs par rapport aux années précédentes ?
Alors chaque année, ils augmentent un peu. Je crois qu’on a commencé à 15 francs il y a cinq ans, puis maintenant on est à 30 francs. Donc on a doublé en cinq ans. 30 francs c’était des discussions qu’on avait, c’était trop cher ou c’est encore faisable ? Mais l’augmentation est due au fait que cette année on a rajouté tout un danceflor ici dans le restaurant (l’Interlope). L’année passée l’Interlope était ouvert, mais c’était plus une zone chill out avec des tables et des chaises... Cette année, on a rajouté presque un tiers de programmation en plus. C’est clair qu’on a des coûts qui augmentent, mais on essaie de répercuter au minimum sur le billet d’entrée. Ça va avec l’interdiction au moins de 18 ans. C’est aussi un public qui aurait grincé des dents avec une entrée à 30 francs.
Mais dans cinq ans, ce ne sera pas 60 francs ?!
Ce ne sera pas 60 francs, ça c’est certain. Je pense que 30 francs, c’est la limite maximale actuellement de ce qu’on peut faire à Neuchâtel. A Lausanne, toutes les soirées sont à 20-25 francs au minimum pour une tête d’affiche. Ici on a trois têtes d’affiches, sept ou dix DJs qui font des concerts en live. Par rapport au prix, on reste pas cher.
Enfin, pouvez-vous nous dire un mot sur les affiches de l’édition 2009 ?
L’idée des quatre premières années était de faire une mise en scène avec l’équipe de La Superette et les organisateurs sur la photo. La première Superette était dans une épicerie de quartier à Fleurier. La deuxième était plus manouche au Camping de Paradis Plage. La troisième était La Superette 2057, la Superette du futur. L’année passée c’était davantage glauque industriel. Et puis cette année, on a décidé de changer le concept : plutôt que de nous représenter en tant que vendeur, on va plutôt représenter les clients. Donc on a pris un panel de clients, des gens qui viennent souvent à la Case à chocs. On a réfléchit pour avoir des hommes et des filles, de tous âges, de tous styles, de tous les horizons. Et on a fait ça le samedi de la Fête des Vendanges pour être un peu en situation roots. Et on a fait seize flyers différents avec les têtes ainsi que deux affiches qui sont des assemblages de toutes ces personnes.
A part l’interdiction d’entrée aux mineurs, le dancefloor de l’Interlope et les tarifs majorés, y a-t-il une autre nouveauté ?
Oui. Un changement qu’il y a de facto par rapport à la nouvelle loi sur la fumée, c’est qu’il y aura des espaces fumeurs à l’extérieur.
…désormais, nous savons.
16:29 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://onveutduneuf.blog.tdg.ch/trackback/41206
Écrire un commentaire