10.09.2009
UN PROPHETE: un peu, beaucoup, passionnément!

Sorti le 26 août en France et le 2 septembre en Suisse, Un Prophète a fait 333'422 entrées en une semaine. On ne juge pas un film au nombre d'entrées qu'il fait. Il reste que ce film fait un carton. Mieux, pour les inconditionnels des prix cinématographiques, Un Prophète a remporté le GRAND PRIX du 62e FESTIVAL DE CANNES . Une fois n'est pas coutume, publique et critique sont unanimes: Jacques Audiard (à ne pas confondre avec le célèbre dialoguiste Michel Audiard) a fait un chef d'oeuvre.
Le synopsis, exprimé avec mes propres mots: Malik El Djebena est un jeune français d'origine arabe. Précisons qu'il parle arabe et français. Alors qu'il n'est âgé que de 19 ans, il est condamné à six années de prison pour avoir "blessé" (on ne connaît pas les détails) un officier de police. Dès son entrée, on est effaré par les cris, la violence et la haine qui composent la prison. Le jeune illettré ne connaît personne à l'extérieur et à l'intérieur. Après s'être fait tabassé pour ses chaussures, Malik est pris à part par le clan des Corses. Ceux-ci lui "offrent une protection" à condition qu'ils tuent un prisonnier. En effet, ce dernier avait proposé à Malik du shit en échange d'une pipe. Images affreuses des douches. L'un des pires moments du film: Malik appelle le surveillant pour s'extraire de cet enfer, mais celui-ci est de mèche avec les Corses...
"L'enfer, c'est les autres". Cette vérité sartrienne revêt toute la plénitude de sa signification dans ce film. Je ne vais pas gâcher la suite de ce film en résumant faits après faits le séjour carcéral de Monsieur El Djebena. Mais voici la bande-annonce qui mettra des images sur mes mots.
Cessons les éloges (essayons d'être concis) et soyons critiques. J'ai été surpris que seulement deux "ethnies" habitent cette école du crime : les Corses d'un côté, les Arabes ( ou Barbus) de l'autre. J'étais consterné de ne voir à l'écran que ces deux groupes. Jacques Audiard a-t-il "simplifié" le scénario original d'Abdel Raouf Dafri? Etait-ce comme cela à l'origine? Mystère. Autre bémol: les succès à répétition des sorties de Malik. Mais chut!, je n'en dis pas plus...
Dur de parler de ce film tant il est complexe et complet: l'amitié, la haine, la peur, la solitude, la pression du collectif, la maladie. Saluons la vraie performance de TAHAR RAHIM: cet acteur français de 28 ans a beaucoup de potentiel. A ce sujet, ce citerai Jacques Audiard (interview réalisé dans Avant-Première - Septembre 2009- par Bernard Achour) : A l'arrivée, un des enjeux de l'intrigue finale était de mettre sur un même plan l'accomplissement de deux destins. Celui de Malik, le héros de l'histoire, parfaitement anonyme lorsqu'il pénètre dans la prison et qui, six ans plus tard, se voit auréolé d'un statut de caïd que personne ne songe à lui disputer; et celui de Tahar Rahim, son interprète à l'écran, totalement inconnu de son public lorsqu'il apparaît à l'image et qui, deux heures et demie plus tard, a gagné des galons de très grand acteur aux yeux de tous ceux, spectateurs comme professionnels, que le cinéma intéresse. C'est en tout cas ce que j'espère.
Honorons également la haute prestation déconcertante de NIELS ARESTRUP, le second rôle du film. Et de tous les acteurs, au final.
Pour toutes ces raisons, je vous conseille vivement d'aller voir ce film au cinéma.
Nul besoin d'être prophète pour affirmer que ce film est destiné à un bel avenir!
Bonus: Envoyé spécial a réalisé un reportage poignant sur l'état des établissement pénitenciers français, plus particulièrement la célèbre Fleury-Mérogis. Des images exclusives et interdites par des prisonniers de l'établissement. Un reportage à voir absolument !
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12.08.2009
Le Grand Bleu: 21 ans déjà !

Voici la scène d'ouverture. Ces 5 premières minutes vous donneront surement envie de découvrir la suite. A noter que vous pouvez voir ce film sur Youtube. Mais avant toutes choses, je vous invite à lire ce qui suit. http://www.youtube.com/watch?v=tE5NP91y_Ew&feature=re...
Voilà 21 ans que Le Grand Bleu est sorti au cinéma. Il n'a pas pris une ride, excepté peut être la combinaison de plongée rouge et blanche de Jean Reno. Ce film est un classique du cinéma, et pas que français. En effet, il est le fruit d'une coproduction française, américaine et italienne.
Cette comédie dramatique doit une part importante de sa célébrité à sa Bande Sonore Originale, signée Eric Serra. Le compositeur de musique français a réalisé là un véritable chef d'oeuvre. Il a réussi à saisir intrinsèquement le profond langage de la mer ainsi que le pur état d'esprit du film (plus particulièrement celui de Jacques, le protagoniste...). D'où de célèbres sons évoquant le milieu océanique, comme "The Big Blue Overture", "Deep Blue Dream", "Synchronised instants". Ou encore des morceaux plus terre-à-terre et comiques tels "Spaghetti Del Marre" ou "Let Them Try".
Essayer de résumer cette oeuvre du Septième d'Art s'avère être un exercice difficile et perilleux. En effet, The Big Blue concentre les éléments essentiels d'une vie, de la vie. Il touche à tous les domaines, les traite selon leur essence, sans fausseté aucune: tantôt avec la légèreté d'une plume de flamand rose, tantôt avec la douce douleur du naufragé, dont les poumons, vidés du vent de la vie, sont emportés par les flots de la mort. Cette large palette de sujets traités est d'ailleurs bien naturelle: ne dit-on pas que tout vient de la mer?
Une compétition entre deux amis d'enfance, le monde de l'apnée, l'amitié, l'amour, la mort, la solitude, la famille, le travail, la passion, les "pasta". Ce n'est qu'un aperçu non-exhaustif de tout ce qui compose ce long-métrage. Mais attention, je ne vous parle pas d'une salade de fruits dans laquelle on trouverait une orange aux côtés d'une fraise, mais plutôt des paysages qui sillonent l'Euphrate et le Styx.
M'étant refusé de décrire l'indescriptible, comme de peindre à un sourd la couleur d'un son, c'est à l'image que je consacre ces quelques lignes. Dire que l'image est esthétique serait un euphémisme. D'ailleurs, elle n'est pas seulement "esthétique", elle est là aussi variée à souhait, la caméra capture l'image: d'un hélicoptère, sous la glace, au Pérou, en Grèce, Sicile, Côte d'Azur, New York, dans un train, un taxi, un bateau, dans une piscine et bien souvent dans la mer. L'oeil s'exclame devant cette mosaique de plans. Il est rassasié mais pas écoeuré. Tout n'est que finesse, réalité et fermeté.
Passons aux acteurs maintenant. Il y a trois rôles principaux: Jean-Marc Barr (Jacques Mayol), Jean Reno (Enzo Molinari) et Rosanna Arquette (Johanna Baker). Mais je vous arrête tout de suite, on est loin du schéma "canonique" (oxymore?) du "le mari-la femme-l'amant". Enzo et Jacques sont amis d'enfance et concurrents dans les championnats du monde d'apnée. Quant à Johanna, cette journaliste américaine, elle est tombée follement amoureuse de Jacques. La preuve en est qu'elle a quitté New-York pour le rejoindre sur le Vieux Continent. N'oublions pas les dauphins qui ont fait un boulot formidable!!
Génial. C'est l'adjectif que je choisirais pour qualifier la prestation de ces trois acteurs. A ce propos, Jean-Marc Barr a reçu le César du meilleur acteur et Jean Reno celui du meilleur acteur dans un second rôle. Au risque que ce soit barbant, soyons tout de même complets à ce sujet, voici les autres nominations pour Le Grand Bleu: nomination au César du meilleur film, nomination au César du meilleur réalisateur pour Luc Besson, César de la meilleure musique écrite pour un film de Eric Serra, César du meilleur son.
Voilà. Trève de blablas. J'espère vous avoir donné envie de voir ce superbe film. Et à ceux qui l'ont déjà vu, qu'ils se sont reconnus dans le fan que je suis.

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