25.01.2012

Le patriotisme US de coutume dans les clips

Le téléspectateur de vidéoclips musicaux peu éveillé ou trop captivé par les silhouettes parfaites ne l’a sûrement pas remarqué. Certaines super stars de la chansons pop américaines – Rihanna, Kesha, Miley Cirus…la liste n’est pas exhaustive- brandissent le drapeau avec plus de niaque qu’un Marines revenant d’Irak. Mieux, il arrive qu’elles le vêtent, recouvrant leurs superbes silhouettes de ce tricot d’étoiles et de traits tricolores.



Qui de Rihanna, Miley Cirus et Kesha est la plus patriote?

Imaginez un instant la même chose en France : Jenifer, Vanessa Paradis, Zazie- je cherche avec difficulté des « équivalences hexagonales », votre science des chanteuses de pop française est plus que bienvenue !- habillées en bleu-blanc-rouge et chantant « C’est la fête en France ! ». Nolwenn Leroy fait dans le patriotisme, mais breton.

Côté garçon, en France la référence est surtout rap: mais c’est rarement la France et plus souvent le département, voire le quartier qui est hissé (Marseille le 13 avec IAM, Soprano… Paris 93 avec NTM, Paris 92 avec Booba…).

Pourquoi pareille situation aux USA ?

Peut être parce qu’ils n’ont quasiment pas d’histoire (deux-trois siècles) et qu’ils ont un fort besoin d’affirmer leur complexe identité par le recours au drapeau.

Peut être parce que les réalisateurs de clips ont estimé que porter la tunique nationale dopait les ventes d’albums ?

Peut être parce que ces clips ont une puissante portée internationale (plus de 269, 116 et 41 millions de vues respectivement pour Miley Cirus, Rihanna et Kesha ) – (à noter que Rihanna porte la tunique + le drapeau chez elle) et qu’il y a un message idéologique sous-jacent : USA- jolies filles- totale éclate dans des supers teufs ; « Yeah it’s a party in the USA », comme dirait Miley Cirus. A patriot party.

 

13.12.2009

La Superette

Des bandes blanches ont été peintes sur les murs de la grande salle pour permettre aux DVs (Disc Vidéo) de projeter leurs images filantes. Aussi massif que les années précédentes, le public a pris du poil ou du talon, c’est selon. On assiste à de vraies performances en direct, de quoi fermer le clapet à ceux qui considèrent les DJs comme de simples lecteurs CDs. Les amplis crachent du son, le monde danse…quand soudain ! , mon cerveau se libère de l’emprise des basses et de l’alcool, il se remet en marche alors même que mes pieds restent collés au sol, des questions m’assaillent, je veux savoir ! Oui ! , pourquoi ce nom, depuis quand, pourquoi ces visages…

superette by artaban.jpg Droits réservés

Pour combler ce néant cognitif, je vous invite à vous asseoir tranquillement, oui voilà, comme ça. Tu veux un café ? Continues de lire, assistes à l’interview. Nous sommes le mercredi 25 novembre vers 11h à l’Interlope, en compagnie de Jean-Marie Lehmann, l’organisateur en chef et coordinnateur de La Superette.

CR : La Superette, c’est quoi ?
JML : C’est un weekend de musique électronique.

Depuis quand existe-t-elle ?
2004. Elle aura sa cinquième édition cette année.

Quel est son concept ?
A la création de La Superette, le concept de base était de regrouper les divers collectifs, associations, acteurs culturels de la région neuchâteloise (Supermafia, Kougloff, Urban Sound…). Plutôt que tout le monde fasse son événement dans son coin de temps en temps, le concept est de tous se rassembler et de faire un événement en commun.

Pourquoi ce nom ?
La définition de base de la superette : c’est une épicerie de détail de 100 à 150 m2 qui regroupe un peu tous les aliments, tous les objets de la vie courante. Cette appelation est liée au concept : on voulait faire une soirée de musique électronique et de musique actuelle. C’est vraiment une sélection de tout ce qui se fait dans la musique électronique actuelle. On voulait aussi que l’événement soit ouvert à toutes et à tous.

A ce sujet, quel public ciblez-vous ?
La tranche d’âge, c’est 18-30 ans. Là on a un changement par rapport aux années passées où on était ouvert à un public très jeune. Cette année on n’aimerait pas avoir les 16-18 ans.

Mais peuvent-ils quand même venir ?
Non ce n’est pas autorisé. Ils ont le droit de venir à la Case à chocs dans les soirées habituelles, mais pour La Superette on met l’âge à 18. Ça c’est un choix d’exclusion qu’on a fait depuis cette année. C’est une volonté liée aux remarques qu’on a souvent de notre public spécialisé en musique électronique. C’est clair qu’il y a un public jeune qui est massif, mais c’est un public qui consomme la musique un peu différemment. On voulait un public qui profite plus de l’événement en tant que tel, plutôt que juste venir faire la Fête des Vendanges à la Case à chocs.

Ciblez-vous les étudiants de l’Université de Neuchâtel en particulier?
Ils sont de facto dans les 18-30. A part peut être quelques uns de première année, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de mineurs. Donc évidemment on cible aussi les étudiants. Mais on n’a pas beaucoup d’actions spéciales pour les étudiants. C’est plus pour la ville en général. Mais on les convie à venir ! Et puis on essaie aussi de cibler les Suisses-allemands.

De Zürich et sa région ?
Non, plutôt Bienne et Berne. On n’a pas encore une renomée assez grande, on le voit dans les statistiques de prélocation. Certes, il y a des Zürichois qui viennent, mais on est vraiment un événement des trois lacs.

Et pour les spécialistes de la musique électro ?
On a des gens qui viennent de France, d’Allemagne. On a pas mal de gens qui nous écrivent des mails par rapport aux hotêls, qui demandent où l’on peut dormir pas cher à Neuchâtel. Donc par rapport à la programmation pointue, on a des gens qui viennent de très loin.
Combien les trois jours de La Superette font-ils d’entrées ?
A peu près 2500. Après, il y a toujours une différence avec les entrées payantes et les entrées pas payantes.

Avez-vous augmenté les tarifs par rapport aux années précédentes ?
Alors chaque année, ils augmentent un peu. Je crois qu’on a commencé à 15 francs il y a cinq ans, puis maintenant on est à 30 francs. Donc on a doublé en cinq ans. 30 francs c’était des discussions qu’on avait, c’était trop cher ou c’est encore faisable ? Mais l’augmentation est due au fait que cette année on a rajouté tout un danceflor ici dans le restaurant (l’Interlope). L’année passée l’Interlope était ouvert, mais c’était plus une zone chill out  avec des tables et des chaises... Cette année, on a rajouté presque un tiers de programmation en plus. C’est clair qu’on a des coûts qui augmentent, mais on essaie de répercuter au minimum sur le billet d’entrée. Ça va avec l’interdiction au moins de 18 ans. C’est aussi un public qui aurait grincé des dents avec une entrée à 30 francs.

Mais dans cinq ans, ce ne sera pas 60 francs ?!
Ce ne sera pas 60 francs, ça c’est certain. Je pense que 30 francs, c’est la limite maximale actuellement de ce qu’on peut faire à Neuchâtel. A Lausanne, toutes les soirées sont à 20-25 francs au minimum pour une tête d’affiche. Ici on a trois têtes d’affiches, sept ou dix DJs qui font des concerts en live. Par rapport au prix, on reste pas cher.

SUPERETTE JPEG.jpgEnfin,  pouvez-vous nous dire un mot sur les affiches de l’édition 2009 ?
L’idée des quatre premières années était de faire une mise en scène avec l’équipe de La Superette et les organisateurs sur la photo. La première Superette était dans une épicerie de quartier à Fleurier. La deuxième était plus manouche au Camping de Paradis Plage. La troisième était La Superette 2057, la Superette du futur. L’année passée c’était davantage glauque industriel. Et puis cette année, on a décidé de changer le concept : plutôt que de nous représenter en tant que vendeur, on va plutôt représenter les clients. Donc on a pris un panel de clients, des gens qui viennent souvent à la Case à chocs. On a réfléchit pour avoir des hommes et des filles, de tous âges, de tous styles, de tous les horizons. Et on a fait ça le samedi de la Fête des Vendanges pour être un peu en situation roots. Et on a fait seize flyers différents avec les têtes ainsi que deux affiches qui sont des assemblages de toutes ces personnes.

A part l’interdiction d’entrée aux mineurs, le dancefloor de l’Interlope et les tarifs majorés, y a-t-il une autre nouveauté ?
Oui. Un changement qu’il y a de facto par rapport à la nouvelle loi sur la fumée, c’est qu’il y aura des espaces fumeurs à l’extérieur.


…désormais, nous savons.

20.10.2009

LE CLASH : Calogero vs Aketo ou deux visions de l'amitié

Aujourd'hui, je vous propose LE CLASH. 2 chansons, 2 artistes, 2 messages, 1 thématique: l'amitié. D'un côté, C'est dit de Calogero sur l'album L'Embellie, sorti en 2009. De l'autre, Déceptions d'Aketo sur l'album Cracheur 2 venins, sorti en 2007. D'un côté, de la chanson française, de l'autre, du rap français. Dans les deux cas, la langue française est au service d'un thème, l'amitié.

 

"On est riche que de ses amis"

ou

"y a pas d'amis, juste des moments d'amitié" ?

A vous de choisir.

Ecoutez*ces deux morceaux, et dites-moi lequel correspond le plus à votre conception de l'amitié.


* Pour écouter les chansons,

il vous suffit de cliquer sur le lien.calo.jpgaketo_cracheur_2_venin.jpg

18.10.2009

FUN CLUB 40 : les tendances de la House !

29102008_funradio.jpgAvis aux amateurs de House. Vous aimez la house (pour les novices, c'est un style de musique électronique), vous voulez découvrir les hits qui cartonnent en ce moment en Europe, ou tout simplement élargir votre culture musicale, etc? Il vous suffit d'écouter Funradio, chaque dimanche, de 19h à 21h. C'est le Fun Club 40. Funradio vous passe les 40 sons électros les plus diffusés dans les discothèques d'Europe. Le classement change chaque semaine. C'est une manière simple, passive et efficace pour découvrir de nouvelles chansons (on veut du neuf!)...

Qu'en pensez-vous?

 

14.09.2009

EXCLU TOTALE: BOOBA en concert en Suisse Romande.

booba_final_web.jpgLe rappeur Booba se produit le 2 octobre prochain à la Case à chocs à Neuchâtel. Le concert coûte dans les 43 francs en pré-location.

Le journal 20 Minutes nous apprend que Booba a demandé à Terrible Style, organisateur de l’événement, de lui réserver 10 suites dans un hôtel de luxe, comme l’a dévoilé Avni Krasniqi, son responsable, à 20minutes online.

«Nous sommes actuellement en train de trouver un compromis avec le management de Booba car nous ne pouvons pas satisfaire sa demande pour des raisons budgétaires», nous a-t-il expliqué. En plus de son entourage habituel déjà très nombreux, Booba aurait l’intention de prendre avec lui des membres de sa famille.

Ce n'est pas la première fois que la célèbre salle de concert de Neuchâtel accueille une star du rap français (voire du rap ricain). En effet, que ce soient Busta Rythmes (Une légende du rap US - plus de 10 millions d'albums vendus), Psy4 de la rime, Sniper, Kool-Shen ou tout récemment Kery James, la Case-à-chocs s'est fait une spécialité en recevant les grands noms du rap contemporain.

Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, est incontestablement un des poids lourds du rap français. Quinze ans après ses débuts (le groupe Lunatic), b20ba est fidèle à son style, le Gangsta Rap: textes crus et  mélodies sombre. Au risque de le caricaturer, il parle argent, cocaïne, prison, sexe, compétition, "keufs", violence et rap. Booba est le plus ricain des rappeurs français. De part son style de musique (sons et paroles) et l'habillement qui va avec (il a crée sa propre marque de vêtements: Unkut). Et peut être aussi du fait qu'il vit à Miami, et que "seul un peu d'oseille pourrait le rapatrier".

Cet amateur de boxe thaï aime se démarquer de ses "collègues rappeurs". Il a clashé Sinik, Diam's, Matt Pokora...et s'est permis de déclarer "NTM Solaar IAM c'est de l'antiquité". Après l'Antiquité vient le Moyen-âge.

Je ne vais pas faire son CV car il est très fourni et toutes les informations sont disponibles sur internet. Cela dit, sa meilleure chanson reste à mes yeux Destinée (2002), en duo avec Kayna Samet. L'instru est vraiment frais et sympa. Pour vous faire une idée sur sa musique, je vous recommande également Mon Son, b20ba, Pitbull.

Pour l'anecdote, le trentenaire des Hauts-de Seine donna un concert, avec d'autres artistes, dans un Stade de France plein à craquer à l'occasion d'Urban Peace 2 (organisé par Skyrock), le 4 octobre dernier. Son apparition fut courte, mais remarquée. En effet, à des spectateurs qui lui lançaient des projectiles et des insultes, le Duc de Boulogne leur offrit généreusement une bouteille de Jack Daniel's. Ne souhaitant pas lui donner une image réductrice, je ne publierai pas cette vidéo (je me contenterai de vous donner son lien), préférant vous proposez son son. Voici le titre Mon son:


27.08.2009

La Récréation: AXWELL- Watch The Sunrise

Aujourd'hui, la Rédaction vous propose la récréation : 3.23 minutes de détente, de soleil, de cliché, de vent du sud, de palmiers, de piscine, de jolies filles et tout le blabla !

Au niveau du son, le riff de la guitare octroie un sentiment méditerranéen. Le beat fait son taff. Pour le clip, j'affectionne tout particulièrement les gros plans (0:51 et 1:03) sur le visage de la brune au bord de la piscine, en face du chanteur chauve. C'est du kitch, magnifique !

21.08.2009

PHOENIX: vous êtes invités à découvrir ce magnifique quatuor.

for-noise.jpgIls étaient programmés en tête d'affiche du FOR NOISE FESTIVAL (20-21-22 août 2009 à Pully Lausanne). Les affiches n'ont pas été changées. Pourtant, Phoenix ne viendra pas en Suisse. Le FOR NOISE FESTIVAL n'est pas le seul lésé, puisque Phoenix a annulé tous ses concerts du mois d'août: le Pukkelpop Festival en Belgique (21 août), le  V Festival Chelmsford en Grande-Bretagne (22 août) et le V Festival Staffordshire, également au Royaume-Uni (23 août). Le groupe a invoqué des raisons personnelles pour justifier une absence remarquée.

Outre sa grande tournée aux States en septembre-octobre, le quatuor a une autre "actualité": la sortie de son quatrième opus, Wolfgang Amadeus Phoenix, le 25 mai dernier. Bientôt trois mois après sa sortie, l'album pointe a la vingtième place des albums les plus téléchargés en France (semaine du 2 au 8 août). Je ne vais pas résumer l'histoire du groupe, car ce serait reformuler du wikipedia. En revanche, je peux vous faire partager ma passion pour ce groupe et nombre de ses morceaux. Ainsi, celles et ceux qui auraient voulu découvrir ces oiseaux de feu en concert (ou qui sont simplement mélomanes ou curieux) pourront apaiser leur déception dans les quelques lignes qui suivent...

united.jpg

United est leur premier album. Il est sorti en 2000 (bientôt dix ans déjà!). Sur ces dix chansons (un album de Phoenix fait toujours dix chansons), six ne sont "pas tétés", mais quatre (surtout trois) sont exceptionnelles, de vrais joyaux ! A mon sens, Phoenix n'as pas réussi à réitérer cette fraîcheur, fragilité et passion qui habitent ces quatre titres (Too Young, Honeymoon, If I Ever Feel Better et Summer Days). Too Young et If I Ever Feel Better sont sortis en single et ont fait l'objet d'un clip. Par parenthèse, ces deux clips sont plutôt "déjantés" et il n'est pas évident de trouver un lien direct entre les paroles et l'image.

Le style de ces sons? Au risque d'être réducteurs, disons un subtil mélange de pop, électro et un peu rock. Honeymoon a même une touche ecclésiastique avec l'orgue. "Lune de miel" (en français) est doux comme un vent de septembre, enivrant comme un petit vin blanc, captivant comme la mer. C'est un petit moment d'évasion qui vous est proposé, vous avez la sensation de planer au-dessus des vagues avec l'être aimé. Un peu kitch diront ses détracteurs. If I Ever Feel Better est vraiment parfait. On peut l'écouter cinquante fois, on arrive toujours à en tirer quelque chose de nouveau, tout dépend de l'instrument sur lequel on fixe notre attention. Par exemple, si on écoute la batterie, la guitare funky, la basse ou la guitare "acoustique", une impression et une ambiance différentes en ressortent. Quant au texte, il est remarquablement écrit (don't you know I'm so tired of it all). Summer Days est un peu moins prenant. Il est calmement entraînant, sent les vacances et l'été et la voile. Too Young est carrément hors du commun. C'est un hymne à la vie, à la classe, à la fraîche passion. Il sent le mois de Mars (Thomas Mars, le chanteur), quand le soleil nous permet de mettre un t-shirt et un gilet, après quatre mois de grisaille et de brouillard. Ecoutez ce son en faisant du skateboard dans un lieu superbe. A ouïr absolument !

phoenix-alphabetical.jpg


Alphabetical est paru en 2004 (Phoenix sort un album tous les deux-trois ans). Ce deuxième opus est très bon. C'est une valeur sure. Aucune chanson n'est à jeter, à part l'agressif I'm An Actor et peut être Alphabetical, dont la lenteur, la monotonie et la répétition peuvent quelque peu agacer. Le style est harmonieux, les musiciens ont trouvé leur marque. Des beats hip-hop (Victim Of The Crime, Congratulations p.ex.), des sons frais, des schémas "simples" (pour Phoenix, c'est un oxymore!) mais efficaces caractérisent ce disque. Cela dit trois morceaux sortent assez nettement du lot: Everything Is Everything, Run Run Run et Love For Granted Les deux premiers titres sont parus en single et on cartonné, tout comme Too Young et If I Ever Feel Better quatre ans plus tôt.

Love For Granted, c'est de la guitare acoustique, un touché vocal fleuri, sobre, tendre, enveloppant et émouvant. C'est aussi une basse réconfortante et un rythme de slow à la limite de la berceuse qui contrastent avec des paroles d'une dure pureté désarmante, pleine de sincérité. J'ai une légère préférence pour le début du morceau, quand chaque instrument fait son entrée et l'enrichit d'une nouvelle touche, une nouvelle teinte une nouvelle tonalité. Run Run Run, c'est un son rafraîchissant. On peut l'écouter dans n'importe quel endroit, ça passe toujours. Un peu comme on boit un sirop de grenadine. La rythmique secouée est entraînante. Les guitares tracent leur voie sans se préoccuper du reste. Elles semblent s'amuser comme l'éclat d'un jeu de lumières. Elles tissent leur toile, qu'elles déroulent tout au long de la piste. Les paroles mettent en scène quelqu'un de blasé et un usé par la vie, qui pense qu'il ferait mieux de courir plutôt que de rester dans sa situation. Enfin, Everything Is Everything est un son qui pulse! Il a de l'énergie et une certaine noblesse. La cadence rappelle la démarche d'un fauve. On pourrait se surprendre à entonner le refrain de manière inconsciente et passive, tant il embrasse les couloirs de notre mémoire. Mais chut!, je vais me taire, car "the more I talk about it, the less I do control"...

phoenix.jpg
It's Never Been Like That est le troisième album de Phoenix, il est sorti en 2006. Deux singles en ont été extraits : Consolation Prizes et Long Distance Call. Sur l'ensemble, It's Never Been Like That est moins bon qu'Alphabetical. Le groupe a "radicalement" changé de style: plus (+) de punk, plus de rock mais moins d'inventivité. Adieu les beats hip-hop et électro, adieu la fraîcheur, remplacée par un son presque sale et ennuyeux (One Time Too Many en est l'exemple le plus illustrateur). La résonnance des guitares est entachée d'une distorsion qui ne fait pas souvent mouche. La partie vocale est monotone, Thomas Mars chante avec une faible amplitude musicale. Non, décidemment, ce troisième album studio ne m'a, dans l'ensemble, pas convaincu. En revanche, quelques titres méritent tout de même qu'on s'y attarde. Trois sont bons (Consolation Prizes, Rally, Second To None), deux moyens (Long Distance Call, Lost And Found), quant au reste...  


Consolation Prizes : excentrique, plein de jeunesse et de vie...bref, c'est un certain aspect de l'adolescence condensé en musique. Le rythme saccadé (mais un peu répétitif) donne la pêche. La diction de Thomas Mars est exceptionnelle, une vraie performance !A noter le clip qui est original et vraiment sympathique. Rally, c'est un son marrant, comme un Britannique flegmatique qui danse la salsa sur la plage de Rio de Janeiro. Là encore, Phoenix davantage sur la rythmique des guitares que sur la mélodie. Conseil d'écoute: le matin au réveil. Quitte à faire du punk-rock, autant y aller jusqu'au bout ! Second To None est le seul morceau qui assume totalement le changement de cap musical opéré par le groupe. C'est peut être l'outsider du morceau. Une vraie dynamique s'emballe. On ne peut pas plus arrêter le morceau au milieu qu'on peut descendre d'un cheval au gallot. Quant aux deux sons "moyens", on peut relever le son de la guitare, aquatique dans Long Distance Call et quelque peu désaccordé de désoeuvrement dans Lost And Found. C'est tout, pour le moment (oulala, la référence ça craint!

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Wolfgang Amadeus Phoenix. Il avait été annoncé pour novembre 2008, mars 2009. Finalement, c'est le 25 mai 2009 qu'est sorti le quatrième album de Phoenix. A la lecture du titre, il est légitime de se poser ces questions: auraient-ils pris la grosse tête? ont-ils intégré de la musique classique dans le déjà riche mélange de genres qui compose leur musique? Rien de tout cela. C'est de la parodie, tout comme la célèbre L.H.O.O.Q.de Marcel Duchamps (reproduction de La Joconde affublée d'une paire de moustache). Concernant la forme, rien de neuf, toujours dix titres. Au sujet du contenu, là cela se corse! Cela fait trois mois qu'il est sorti, et je ne sais toujours pas quoi en penser réellement. D'une certaine manière, Phoenix a opéré un retour aux sources. En effet, les Versaillais ont fait appel à Philippe Zdar (de Cassius) pour mixer WAP, celui-là même qui avait travaillé sur United neuf années plus tôt. Par conséquent, le groupe propose un son plus proche de United que de It's Never Been Like That. En revanche, on est loin de la "simplicité schématique" d'Alphabetical. A l'écoute, on a de la peine à reconnaître des structures bien définies, l'auditeur est déboussolé. A noter que deux singles sont extraits de ce disque: Lisztomania et 1901.

Voici les titres qui méritent une certaine écoute. Néanmoins, je ne suis pas confiant en la valeur de ces morceaux comme j'ai pu l'être pour Too Young ou Everything Is Everything. Il s'agit de Lisztomania, Rome, Countdown, Armistice, Lasso.

Lisztomania: titre parodique? Quoiqu'il en soit, le clip a été tourné dans la maison de Franz Liszt à Bayreuth (Allemagne). La cadence évoque le mouvement de la corde à sauter. Une basse longue en fond à la Too Young et qui varie également beaucoup. Piano assez jazz. Les guitares répètent souvent les mêmes motifs. On peut y voir une influence de "la musique classique". Rome présente une structure désamorcée. Ca stagne et sent l'après gloire. Comme le lendemain matin après une cuite. Ou bien comme Rome en ruine en 476 après des siècles de règne et de superbe. Puis, au fil du morceau, c'est un peu la reprise. L'introspection. Rome est vraiment très particulier. Assez teinté d'obscurité. C'est la renaissance de ses cendres. Tout le morceau n'est pas de qualité égale. Certains passages sont plus intéressants que d'autres. Climax à 2.24, 2:51, et surtout 3:05.

Countdown: le début est exceptionnel. "True and Everlasting that's what you want. Don't say no your breakfast tears are gone". Plein d'existentialisme, il évoque l'adolescence, ses questions sans réponse que le temps viendra gommer. Lasso. La grosse caisse est sortie. Un côté électro dans la rythmique. C'est presque le morceau le plus "old school", celui qui pourrait le mieux aller dans Alphabetical. Refrain bien arrosé. Beaux jeux de la basse. Le clip pourrait consister en des jeunes qui jouent sous des jets d'eau en vacances. Armistice. Raffiné (so french). Plus pop. Un côté classique. Une bonne dynamique. Amical. Espiègle. Il booste l'auditeur calmement.

Voilà! La Série "Phoenix" est terminée. J'espère que vous avez eu du plaisir à lire cet article, que vous avez écouté quelques sons, et que j'ai réussi à vous faire partager ma passion pour la musique de ce quatuor français. Take care!